P3 + P4 – Théâtre « Et si… »
Quand le public entre dans l’espace de représentation, c’est la crise : les comédien·nes y ont cru jusqu’au bout, mais ils n’ont rien à présenter ce jour-là. Ils vont devoir annuler la représentation. Sauf qu’un des comédiens a appelé le public à l’aide. Les spectateur·trices ont entre leurs mains la clef du problème : des enveloppes scellant des propositions qui serviront à créer un nouveau récit. Une à une, ces enveloppes vont être ouvertes par les comédien·nes qui vont créer, dans un premier temps, de petites séquences pour donner corps à ces idées. Les comédien·nes vont acquérir devant le public la capacité à imaginer, décrire, faire ressentir des choses qui n’existent pas. Ils combinent des idées, créent un vocabulaire commun de sons, de mouvements, de personnages qui seront utilisés pour la suite du spectacle.
Une fois que toutes les enveloppes sont ouvertes, c’est le moment de se jeter dans le vide. Les comédien·nes créent une histoire inédite de 35 minutes environ, intégrant toutes les idées du public. Nous les voyons s’entraider, créer des ambiances sonores, déplacer des éléments de décor, prendre en charge la narration, inventer de nouveaux personnages, de nouvelles situations, créer des scènes de chœur aussi bien que des solos. Le public n’est pas exclu de ce processus: il est invité à faire des bruitages, à tenir des objets invisibles, à répondre à des questions que les comédien·nes se posent pendant leur création. À la fin, c’est le public qui propose le titre de cette nouvelle histoire,
créée grâce à lui.
La graine est plantée, il est possible non seulement de raconter d’autres histoires, mais aussi d’interagir différemment entre comédien·nes, et entre la scène et la salle. Il ne s’agit plus de se présenter devant le public pour jouer une pièce que nous connaissons, mais de plonger tous ensemble dans l’inconnu, pour créer un instant unique, qui est la somme de tous nos imaginaires et de toutes nos folies.